Bénévolat faune sauvage : comment intégrer un centre de soins sans diplôme vétérinaire ?
Loin du mythe Disney, le bénévolat efficace en centre de soins repose moins sur le contact avec l’animal que sur la rigueur des protocoles d’hygiène et de logistique.
- Le nettoyage des cages et la préparation des rations représentent la grande majorité du travail quotidien.
- Des prérequis sanitaires stricts, incluant des vaccins (tétanos, rage), sont souvent obligatoires pour votre sécurité et celle des animaux.
- La gestion émotionnelle face à la mortalité est une compétence aussi cruciale que l’amour des animaux.
Recommandation : La première étape est de contacter un centre habilité pour comprendre leurs besoins réels et vous présenter comme un candidat informé et réaliste, prêt à s’investir dans les tâches essentielles.
L’image est tenace : un oisillon sauvé qui pépie dans le creux de la main, un jeune hérisson qui reprend des forces grâce à vos soins. Pour beaucoup de passionnés de nature, l’idée de s’engager auprès de la faune sauvage en détresse est un rêve puissant. Une vocation qui semble cependant se heurter à un mur de qualifications : faut-il être vétérinaire ? Faut-il avoir des compétences scientifiques pour être utile ? On s’imagine alors que le bénévolat est réservé à une élite, alors que le besoin de bras, lui, est bien réel et constant.
La plupart des articles et des reportages se concentrent sur le résultat final, l’émouvant moment du relâcher. Ils oublient de mentionner l’envers du décor, la réalité du quotidien dans un centre de sauvegarde. Cette réalité est moins glamour, mais infiniment plus riche et formatrice. Car si l’envie d’aider est le moteur, elle ne suffit pas. Le bénévolat pour la faune sauvage n’est pas une thérapie par les câlins ou une occupation bucolique. C’est un engagement exigeant qui demande de la rigueur, de l’humilité et une solide préparation mentale.
Et si la clé pour intégrer un centre n’était pas un diplôme, mais la compréhension profonde et l’acceptation de cette réalité ? Si le meilleur service que vous pouviez rendre n’était pas de vouloir « sauver » à tout prix, mais de maîtriser parfaitement l’art de nettoyer une cage ou de préparer une ration ? Cet article va vous ouvrir les portes des coulisses. Nous allons déconstruire le mythe pour vous montrer ce qui fait un bénévole véritablement indispensable : celui qui comprend que le bien-être d’un animal sauvage passe d’abord par un environnement impeccable et une organisation sans faille, bien avant le contact direct.
Pour mieux comprendre la vie et les missions d’un centre de soins, la vidéo suivante vous propose une immersion au sein de l’association CHENE, un exemple concret de l’engagement quotidien nécessaire à la sauvegarde de la faune sauvage.
Pour vous aider à naviguer dans les réalités de cet engagement, nous avons structuré ce guide pour répondre aux questions essentielles que tout aspirant bénévole doit se poser. Du quotidien des tâches aux prérequis sanitaires, en passant par la gestion émotionnelle et les démarches pour trouver une structure, chaque section vous prépare concrètement au terrain.
Sommaire : La réalité du bénévolat pour la faune sauvage expliquée
- Nourrissage ou nettoyage de cages : à quoi passerez-vous 80% de votre temps en tant que bénévole ?
- Tétanos et Rage : quels vaccins sont obligatoires avant de toucher un hérisson ou un rapace ?
- Comment gérer psychologiquement la mort fréquente des animaux que vous tentez de sauver ?
- Centres habilités : où trouver la liste officielle des structures qui recrutent dans votre région ?
- Printemps et été : pourquoi les centres sont-ils débordés par les oisillons et ont besoin de bras ?
- Salmonellose aviaire : comment nettoyer vos mangeoires pour éviter l’hécatombe cet hiver ?
- Donner à boire ou à manger : pourquoi ce réflexe de « sauveur » tue-t-il souvent l’animal blessé ?
- Animal sauvage blessé : qui appeler et que faire pour ne pas aggraver la situation ?
Nourrissage ou nettoyage de cages : à quoi passerez-vous 80% de votre temps en tant que bénévole ?
C’est la première réalité à intégrer : le bénévolat en centre de soins est à 80% un travail de logistique, d’entretien et de préparation. L’image du soigneur passant sa journée à interagir avec les animaux est un mythe. Le soin le plus fondamental que vous apporterez est indirect : il consiste à garantir un environnement sain, une alimentation adaptée et un suivi rigoureux. Sans ces bases, aucune guérison n’est possible. Votre rôle de bénévole, surtout au début, sera de devenir un expert de ces tâches essentielles.
Concrètement, une journée type s’articule autour d’un cycle de tâches répétitives mais vitales. La préparation des rations alimentaires est un travail de précision : chaque espèce, chaque âge, chaque condition médicale requiert un régime spécifique. Il faut peser, couper, mélanger des insectes, des fruits, de la viande ou des graines en suivant des fiches de nourrissage très strictes. Ensuite, et c’est le cœur du réacteur, vient le nettoyage. Les cages, volières et box doivent être désinfectés quotidiennement selon un protocole d’hygiène rigoureux pour éviter la propagation de maladies. Cela signifie gratter, brosser, rincer et sécher, encore et encore.
Les contacts directs avec les animaux sont minimisés pour limiter leur stress et leur imprégnation par l’homme, ce qui compromettrait leur retour à la vie sauvage. Les manipulations sont réservées aux soigneurs expérimentés ou effectuées sous leur supervision directe pour des actes précis (pesée, administration d’un traitement). Votre mission la plus précieuse sera souvent l’observation : noter si un animal mange, comment sont ses fientes, s’il a un comportement normal. Ces informations sont de l’or pour l’équipe soignante. Oubliez l’affect, pensez « efficacité » et « protocole ». C’est dans cette rigueur que se niche le véritable acte de soin.
Plan d’action : Les 5 tâches essentielles du bénévole débutant
- Étape 1 : Préparer les rations alimentaires spécifiques selon les régimes de chaque espèce (graines pour granivores, insectes pour insectivores, viande pour carnivores).
- Étape 2 : Nettoyer et désinfecter quotidiennement les cages, volières et box d’hospitalisation selon les protocoles d’hygiène stricts.
- Étape 3 : Observer et noter le comportement alimentaire et l’état général de chaque animal (appétit, fientes, activité).
- Étape 4 : Participer au transport des animaux entre les différentes zones du centre (quarantaine, soins, rééducation).
- Étape 5 : Assister progressivement les soigneurs pour les manipulations simples et l’administration des traitements de base.
Tétanos et Rage : quels vaccins sont obligatoires avant de toucher un hérisson ou un rapace ?
Travailler au contact de la faune sauvage, même de manière indirecte, expose à des risques sanitaires réels. La question des vaccinations n’est pas un détail administratif, mais un pilier de la biosécurité du centre. Elle vise à vous protéger, mais aussi à protéger les autres bénévoles et les animaux déjà fragilisés. Un centre de soins sérieux ne transigera jamais sur ces prérequis. Avant même de penser à votre première journée, une mise à jour de votre statut vaccinal est indispensable.
Le vaccin contre le tétanos est le prérequis absolu et non négociable. Une simple égratignure avec un grillage ou une morsure anodine peut suffire à contracter cette maladie potentiellement mortelle. Votre carnet de vaccination doit être à jour. Ensuite, selon les espèces présentes dans le centre, d’autres vaccins sont fortement recommandés, voire obligatoires. La vaccination contre la rage est impérative si vous êtes susceptible de manipuler des mammifères carnivores (renards, blaireaux) ou des chiroptères (chauves-souris), qui en sont les principaux vecteurs en France. Même pour les hérissons, elle est fortement recommandée.

Au-delà des vaccins, le respect scrupuleux des protocoles d’hygiène est votre meilleure protection contre les zoonoses (maladies transmissibles de l’animal à l’homme) comme la salmonellose, la teigne ou la psittacose (chez les oiseaux). Le port de gants, le lavage systématique des mains, l’utilisation de pédiluves et de tenues dédiées ne sont pas des options. C’est un état d’esprit qui doit devenir un réflexe. Le tableau ci-dessous détaille les recommandations vaccinales selon les animaux les plus fréquemment rencontrés.
| Type d’animal | Vaccination antitétanique | Vaccination antirabique | Risques zoonotiques additionnels |
|---|---|---|---|
| Hérissons | Obligatoire | Fortement recommandée | Teigne, salmonellose |
| Rapaces | Obligatoire | Recommandée | Psittacose, grippe aviaire |
| Chiroptères (chauves-souris) | Obligatoire | Obligatoire | Rage, histoplasmose |
| Carnivores (renards, blaireaux) | Obligatoire | Obligatoire | Échinococcose, maladie de Lyme |
| Oiseaux d’eau | Obligatoire | Non requise | Salmonellose, grippe aviaire |
Comment gérer psychologiquement la mort fréquente des animaux que vous tentez de sauver ?
C’est l’aspect le plus difficile du bénévolat, celui dont on parle le moins mais qui est omniprésent. Malgré tous les efforts, l’expertise des vétérinaires et le dévouement des bénévoles, une grande partie des animaux qui arrivent dans un centre de soins ne survivront pas. Ils arrivent souvent trop tard, avec des blessures internes, des maladies avancées ou dans un état de choc irréversible. La mort fait partie du quotidien, et apprendre à la gérer est une compétence aussi importante que de savoir préparer une ration.
Le taux de succès varie, mais il est crucial de comprendre que l’échec est une issue fréquente. Selon les données 2024 des centres LPO, en moyenne, 58% des animaux soignés sont relâchés dans leur milieu naturel. Cela signifie, en creux, que près de 4 animaux sur 10 ne s’en sortent pas. Il faut être préparé à trouver un matin l’oisillon que vous avez nourri toutes les 20 minutes la veille, mort dans sa couveuse. Cette charge émotionnelle est réelle et peut conduire à l’épuisement si l’on n’y est pas préparé.
La clé est de changer de perspective. Comme le souligne le Réseau des centres de soins de la faune sauvage, il faut voir au-delà de la perte individuelle. Chaque animal, vivant ou mort, est une source d’informations précieuses. L’autopsie d’un animal décédé peut révéler la présence d’un pesticide, l’impact d’une nouvelle maladie ou les conséquences d’une collision. Ces données sont collectées, analysées et contribuent à la recherche scientifique et à la mise en place de mesures de protection à plus grande échelle. Votre travail, même face à un « échec », n’est jamais vain. Il s’inscrit dans un effort collectif de connaissance et de préservation.
Chaque mort, bien que tragique, est une source d’information précieuse. Les données collectées alimentent la recherche scientifique et aident à comprendre les menaces comme les pesticides, collisions et maladies émergentes.
– Réseau des centres de soins de la faune sauvage, Guide de formation des bénévoles
Centres habilités : où trouver la liste officielle des structures qui recrutent dans votre région ?
Votre motivation est intacte et vous êtes prêt à affronter la réalité du terrain. L’étape suivante est de trouver la bonne structure. Attention, on ne s’improvise pas centre de soins. La détention et le soin à la faune sauvage sont très réglementés en France. Seules les structures habilitées, disposant d’un certificat de capacité et d’une autorisation préfectorale, peuvent légalement prendre en charge ces animaux. Contacter directement ces centres est la seule voie à suivre, à la fois pour la légalité et pour l’efficacité de votre aide.
La recherche peut sembler complexe, mais il existe des ressources centralisées pour vous guider. Votre premier réflexe doit être de consulter les annuaires des grands réseaux nationaux. Le « Réseau des centres de soins de la faune sauvage » (Réseau-Soins-Faune-Sauvage) est une référence incontournable. Il propose une carte interactive et un annuaire des centres membres sur tout le territoire. De même, la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) et l’Union Française des Centres de Sauvegarde de la faune sauvage (UFCS) gèrent de nombreux centres et sont d’excellents points d’entrée.
Pour une approche plus locale, vous pouvez contacter directement la Direction Départementale de la Protection des Populations (DDPP) de votre département. Ce service de l’État détient la liste officielle de toutes les structures autorisées à exercer sur son territoire. Enfin, n’oubliez pas les associations plus spécialisées. Il existe des centres dédiés à certaines espèces (hérissons, chiroptères, tortues marines) qui ont des besoins spécifiques et apprécient des bénévoles particulièrement motivés par leur cause. La démarche est simple : identifier, contacter, et proposer son aide en montrant que vous avez compris leurs contraintes et leurs besoins réels.
Plan d’action : Méthodologie en 4 étapes pour trouver un centre de soins près de chez vous
- Étape 1 : Consultez l’annuaire actualisé du Réseau des centres de soins qui recense les centres actifs en France.
- Étape 2 : Contactez les fédérations nationales spécialisées (LPO pour les oiseaux, UFCS pour un large réseau d’associations).
- Étape 3 : Vérifiez auprès de votre DDPP départementale la liste des centres agréés dans votre département.
- Étape 4 : Élargissez aux associations spécialisées par espèce (centres dédiés aux hérissons, chiroptères, etc.) qui peuvent avoir des besoins spécifiques.
Printemps et été : pourquoi les centres sont-ils débordés par les oisillons et ont besoin de bras ?
Si vous cherchez le meilleur moment pour proposer votre aide, la réponse est simple : le printemps et l’été. C’est la période de reproduction de la plupart des espèces, et par conséquent, la haute saison pour les centres de soins. L’activité explose littéralement, avec un afflux massif de jeunes animaux, en particulier des oisillons tombés du nid ou des jeunes mammifères trouvés seuls. C’est une période de crise quasi-permanente où chaque paire de mains supplémentaires est une bénédiction.
Les chiffres sont éloquents. Selon un rapport de l’IGEDD sur les centres de soins, 65% de l’activité annuelle se concentre de mai à fin août. Le téléphone ne cesse de sonner, les arrivées s’enchaînent, et les nurseries débordent. C’est durant cette période que le besoin en bénévoles pour les tâches de base (nettoyage, préparation de nourriture) est le plus criant. La charge de travail devient si intense que les équipes permanentes ne peuvent tout simplement pas y faire face sans un soutien massif.
Pour comprendre l’ampleur du défi, il faut se pencher sur la « tyrannie de la seringue ». C’est ainsi que les soigneurs appellent le rythme effréné du nourrissage des oisillons. Un jeune oiseau insectivore, par exemple, doit être nourri toutes les 20 à 30 minutes, du lever au coucher du soleil. Imaginez la logistique pour une nurserie qui en accueille des dizaines, voire des centaines.
Étude de cas : La gestion de la « tyrannie de la seringue » pour 100 oisillons en nurserie
Un oisillon insectivore nécessite un nourrissage toutes les 20 minutes du lever au coucher du soleil. Pour une nurserie de 100 oisillons, cela représente environ 3600 nourrissages quotidiens. Cette tâche monumentale, qui s’ajoute à toutes les autres, nécessite une équipe tournante de 8 à 10 bénévoles dédiés uniquement au nourrissage, chaque jour, durant toute la période de pointe. L’engagement des bénévoles est donc mathématiquement indispensable à la survie de ces jeunes animaux.
C’est pourquoi une disponibilité, même partielle mais régulière, pendant la saison haute est un atout majeur pour votre candidature. Les centres ont besoin de personnes fiables sur lesquelles ils peuvent compter pour tenir ce marathon de plusieurs mois.
Salmonellose aviaire : comment nettoyer vos mangeoires pour éviter l’hécatombe cet hiver ?
Aider la faune sauvage ne se limite pas au bénévolat en centre. Une action simple, comme nourrir les oiseaux en hiver, peut être bénéfique si elle est bien menée, mais catastrophique si les règles d’hygiène sont ignorées. Les mangeoires, si elles sont mal entretenues, deviennent des foyers de contamination où des maladies comme la salmonellose aviaire peuvent se propager à une vitesse fulgurante et causer des hécatombes. Un « sauveur » mal informé peut ainsi devenir un propagateur involontaire.
La salmonellose est une infection bactérienne qui affecte particulièrement les passereaux (pinsons, verdiers, moineaux) qui fréquentent assidûment les points de nourrissage. Les oiseaux atteints semblent léthargiques, ont les plumes ébouriffées et ne fuient plus à l’approche de l’homme. La contamination se fait par l’ingestion d’aliments souillés par les fientes d’oiseaux malades. Une mangeoire non nettoyée devient un bouillon de culture mortel. Votre responsabilité n’est pas seulement de fournir de la nourriture, mais de garantir un environnement de nourrissage sain et sécurisé.
Le nettoyage régulier et méticuleux est donc non négociable. Il ne s’agit pas d’un simple rinçage, mais d’un véritable protocole de désinfection. La fréquence est clé : un nettoyage toutes les deux semaines en hiver est un minimum, et chaque semaine si la fréquentation est importante. Si vous observez des oiseaux malades ou morts près de votre mangeoire, votre premier réflexe doit être de cesser immédiatement tout nourrissage pendant au moins deux semaines et de procéder à une désinfection complète de tout le matériel pour briser le cycle de contamination.
Plan d’action : Protocole professionnel de désinfection des mangeoires
- Étape 1 : Videz complètement la mangeoire et éliminez tous les résidus de graines moisies ou souillées.
- Étape 2 : Préparez une solution désinfectante avec 1 volume d’eau de Javel pour 9 volumes d’eau froide.
- Étape 3 : Faites tremper la mangeoire pendant 10 minutes minimum dans la solution désinfectante.
- Étape 4 : Rincez abondamment à l’eau claire pour éliminer toute trace de désinfectant.
- Étape 5 : Laissez sécher complètement au soleil ou dans un endroit aéré avant de remettre des graines.
- Étape 6 : Répétez ce protocole toutes les 2 semaines en hiver et chaque semaine en cas d’affluence importante.
Donner à boire ou à manger : pourquoi ce réflexe de « sauveur » tue-t-il souvent l’animal blessé ?
Face à un animal en détresse, le premier réflexe humain est souvent de vouloir le réconforter en lui donnant de l’eau ou de la nourriture. C’est une erreur bienveillante, mais une erreur potentiellement mortelle. Un animal sauvage blessé est en état de choc, et son organisme réagit de manière très spécifique. Ignorer cette réalité physiologique conduit à aggraver son état, voire à provoquer sa mort. La meilleure aide que vous puissiez apporter est de ne pas suivre votre première intuition.
Un animal en état de choc est en hypothermie (même en plein été) et son système digestif est complètement à l’arrêt. Le corps redirige toute son énergie vers les fonctions vitales. Tenter de le faire boire ou manger à ce stade est non seulement inutile, car il ne peut rien digérer, mais c’est aussi extrêmement dangereux. Le risque de « fausse route » est immense : le liquide ou l’aliment, au lieu d’aller dans l’œsophage, peut passer dans la trachée et inonder les poumons, provoquant une pneumonie par aspiration, quasi systématiquement fatale.
La priorité absolue n’est donc ni l’hydratation, ni l’alimentation, mais la gestion de l’état de choc. Les professionnels des centres de soins, comme ceux de Faune Alfort, appliquent une règle d’or résumée par les « 3C ». C’est la seule chose à faire avant de confier l’animal à des experts.
La règle vitale des « 3C » enseignée à Faune Alfort
Face à un animal en état de choc, la priorité absolue est la règle des 3C : Chaleur, Calme, et Carton. Il faut d’abord réchauffer progressivement l’animal (avec une bouillotte tiède enroulée dans un linge, jamais en contact direct). Ensuite, il faut le placer dans le calme le plus total et dans l’obscurité pour diminuer son stress, qui aggrave le choc. Enfin, le transporter dans un carton de taille adaptée, percé de quelques trous d’aération, assure une contention sécurisée sans manipulation supplémentaire. Comme le rappelle Faune Alfort qui forme ses bénévoles à ces gestes, l’alimentation et l’hydratation ne viendront que bien plus tard, une fois l’animal stabilisé par un vétérinaire.
Votre checklist de terrain pour une intervention responsable
- Points de contact : Avoir enregistré dans son téléphone les numéros du centre de soins local, de l’Office Français de la Biodiversité (OFB) et d’un vétérinaire.
- Collecte (Matériel à avoir) : Une paire de gants épais (cuir/jardinage), une serviette ou couverture épaisse, et un carton de transport percé de trous.
- Cohérence (Action à mener) : Appliquer la règle des 3C (Chaleur, Calme, Carton). Ne JAMAIS donner à boire ou à manger.
- Mémorabilité/Émotion (Règle d’or) : Le but n’est pas de « réconforter » mais de « stabiliser » en limitant le stress au maximum. Le silence et l’obscurité sont les meilleurs soins d’urgence.
- Plan d’intégration (L’après) : Contacter immédiatement un centre de soins pour organiser le transfert. Ne jamais garder un animal sauvage plus de quelques heures.
À retenir
- Le bénévolat pour la faune sauvage est un engagement où la logistique et l’hygiène (nettoyage, nourrissage) priment sur le contact direct avec les animaux.
- Votre sécurité et celle des animaux dépendent de prérequis non négociables : vaccins à jour (tétanos, rage) et respect strict des protocoles de biosécurité.
- L’aide efficace à un animal blessé consiste à le réchauffer et à l’isoler dans le calme et l’obscurité (règle des 3C), et surtout pas à le nourrir ou l’hydrater.
Animal sauvage blessé : qui appeler et que faire pour ne pas aggraver la situation ?
Vous avez trouvé un animal blessé et vous avez résisté à l’envie de le nourrir. Vous l’avez sécurisé dans un carton, au chaud et au calme. Et maintenant ? L’étape suivante est tout aussi cruciale : contacter les bonnes personnes et leur transmettre l’animal dans les plus brefs délais. Chaque année, les centres de soins habilités reçoivent un nombre considérable d’animaux, et leur capacité à intervenir dépend de la rapidité et de la qualité des informations que vous fournirez. Selon une estimation de l’IGEDD, près de 150 000 animaux sauvages ont été accueillis en 2021, illustrant l’ampleur du besoin de coordination.
Le premier principe est simple : ne jamais garder l’animal. Comme le stipule clairement le Code de l’environnement, votre action doit se limiter au sauvetage et au transport. Toute détention prolongée est illégale et préjudiciable à l’animal.
La détention et le soin à la faune sauvage sont interdits aux particuliers. Seuls les centres habilités peuvent légalement prendre en charge ces animaux.
– Code de l’environnement, Article L411-1 et suivants
Votre rôle est celui d’un maillon dans une chaîne de secours. Le bon interlocuteur dépend de l’animal et de la situation. Pour un petit oiseau ou un mammifère (hérisson, écureuil), le contact direct avec le centre de soins le plus proche est la meilleure option. Pour un rapace ou un animal plus grand, il est préférable de les appeler avant d’intervenir pour obtenir des consignes de sécurité. Face à un grand mammifère blessé sur la route (chevreuil, sanglier), ne prenez aucun risque : sécurisez la zone pour éviter un autre accident et appelez immédiatement la gendarmerie ou l’Office Français de la Biodiversité (OFB).
Le tableau suivant résume la conduite à tenir. Gardez-le en tête, il pourrait vous être utile.
| Catégorie d’animal | Signes de détresse | Action immédiate | Qui contacter |
|---|---|---|---|
| Petit oiseau/mammifère | Blessure visible, incapacité de fuite | Carton + obscurité + calme | Centre de soins local |
| Rapace/Grand échassier | Aile pendante, au sol | Couvrir avec couverture, NE PAS approcher le bec/serres | Centre spécialisé rapaces |
| Jeune animal (oisillon, faon) | Seul, apparemment abandonné | Observer à distance 2h avant intervention | Centre pour confirmation |
| Gros mammifère/Carnivore | Blessé sur route, comportement anormal | NE JAMAIS APPROCHER, sécuriser périmètre | Gendarmerie/OFB immédiatement |
Maintenant que vous connaissez la réalité du terrain, les joies et les peines, les exigences et les récompenses, l’étape suivante vous appartient. Si cet aperçu réaliste n’a fait que renforcer votre détermination, alors vous êtes probablement le type de candidat que les centres de soins recherchent activement. Contactez dès aujourd’hui la structure la plus proche de chez vous pour proposer votre aide de manière informée et responsable.
Questions fréquentes sur le bénévolat en centre de soins
À quelle fréquence dois-je nettoyer mes mangeoires en période de forte affluence ?
En période de forte affluence (hiver, période de reproduction), un nettoyage hebdomadaire est recommandé. Si vous observez des oiseaux malades ou morts, cessez immédiatement le nourrissage pendant 2 semaines et désinfectez tout le matériel.
Quels sont les signes d’alerte de salmonellose chez les oiseaux ?
Les oiseaux atteints présentent des plumes ébouriffées, une léthargie, des difficultés à s’envoler, et restent près des points de nourrissage. En cas de mortalité groupée, contactez immédiatement un centre de soins ou la LPO.
Puis-je utiliser d’autres désinfectants que l’eau de Javel ?
Le vinaigre blanc peut être utilisé (dilution 1:1 avec de l’eau) mais est moins efficace contre la salmonelle. Les désinfectants vétérinaires type Virkon sont très efficaces mais plus coûteux. Évitez les détergents ménagers parfumés.